« Suffit-il d’observer pour connaĂźtre ? » SĂ©rie L, Bac 2017

La copie de FreeThinking.

Cette question est au centre de la conversation qui nous a Ă©tĂ© proposĂ©e par Market Research News sur la relation entre planning stratĂ©gique et Ă©tudes. Une conversation que nous avons apprĂ©hendĂ©e comme un dĂ©fi philosophique – celui de refuser les idĂ©es reçues, les fausses Ă©vidences, bref la Doxa trop souvent vĂ©hiculĂ©e par le «  sens commun » dans nos mĂ©tiers 🙂

Comment articuler au mieux planning et Ă©tudes ? Quelle identitĂ© pour chacun d’eux ? Proposer une approche de planning stratĂ©gique quand on vient des Ă©tudes, utiliser les Ă©tudes quand on pratique le planning, est-ce toujours si Ă©vident ? Comment tirer parti au mieux de leurs diffĂ©rences, voire de la conflictualitĂ© de leurs relations ? Comment apporter Ă  un travail d’études la crĂ©ativitĂ© conceptuelle indispensable pour passer de l’observation Ă  la connaissance ? Suffit-il de connaĂźtre pour pouvoir  agir ? 

Ce sont toutes ces questions que nous vous proposons d’explorer avec nous, Ă  travers cet article. Nous espĂ©rons qu’il vous donnera envie d’en explorer d’autres ensemble. Puisque trouver les bonnes rĂ©ponses, comme le disait Claude Levi-Strauss, c’est d’abord se poser les bonnes questions.

MRNews : La complĂ©mentaritĂ© entre Ă©tudes marketing et planning stratĂ©gique est souvent prĂ©sentĂ©e comme relevant de l’évidence. Qu’en pensez-vous ?

Xavier Charpentier : Je crois qu’il n’y a rien de si Ă©vident ou de si facile dans ce domaine. Et c’est tant mieux d’ailleurs, sinon cela ne serait pas trĂšs excitant. Cette complĂ©mentaritĂ© est au fond une forme de mĂ©tissage. Et elle est d’abord un mĂ©tissage d’identitĂ©s bien distinctes, ce qui est tout sauf simple Ă  gĂ©rer. Il y a d’un cĂŽtĂ© l’identitĂ© de « ceux qui savent » — les Ă©tudes —, et de l’autre celle de « ceux qui crĂ©ent » — le planning – car il y a une dimension crĂ©ative conceptuelle au cƓur mĂȘme du mĂ©tier de planner. Il faut donc que l’identitĂ© « Etudes » pĂ©nĂštre celle du Planning, en lui insufflant l’aisance avec les donnĂ©es, la rigueur, mais aussi cette espĂšce de curiositĂ© fondamentale vis-Ă -vis d’autrui, vis-Ă -vis des gens, pour saisir la logique qui est la leur. Et il faut par ailleurs que le planning apporte aux Ă©tudes la crĂ©ativitĂ©, l’inventivitĂ©, cette façon de penser « out of the box », de ne pas s’arrĂȘter au savoir pour aller plus loin, vers l’action, vers l’innovation. C’est cette tension qui rend le travail Ă  la fois excitant et fĂ©cond. Comme le disait Levi-Strauss, « le savant n’est pas celui qui donne les bonnes rĂ©ponses mais celui qui pose les bonnes questions ». C’est à  cette condition que le mĂ©tissage est fĂ©cond. Quand on a rĂ©ussi Ă  rendre le savoir disruptif.

Cette complĂ©mentaritĂ© est aussi une forme d’opposition


Bien sĂ»r. Une des grandes questions est de savoir comment sublimer cette opposition qu’il ne faut pas occulter ou nier. Notre point de vue est qu’une des meilleures façons d’y parvenir est de travailler avec les consommateurs, via les dĂ©marches collaboratives que nous avons dĂ©libĂ©rĂ©ment mises au centre de notre expertise. Un planner qui n’écoute pas les gens n’a pas une grande valeur ajoutĂ©e. Pas plus qu’un homme d’études qui ne fait pas de la connaissance un moyen d’agir, de transformer les choses. Du coup, mettre le client au centre change tout, cela oblige Ă  ĂȘtre Ă  la fois rigoureux et crĂ©atif. Et c’est bien ce que permettent les outils numĂ©riques et notamment les plateformes de discussion online, et la culture du collaboratif.

On est en mĂȘme temps dans la connaissance et dans la crĂ©ativité 

Oui, c’est trĂšs « macronien » de ce point de vue lĂ  ! (rires). C’est un « en mĂȘme temps » qui n’est pas une simple juxtaposition. On ne fait pas que prendre le meilleur des deux mondes mais, par mĂ©tissage, on en crĂ©e un troisiĂšme. On rĂ©invente le mĂ©tier en quelque sorte, et c’est bien le pari qui nous anime depuis 10 ans maintenant avec FreeThinking. L’idĂ©e pour nous n’est pas de faire « plus », mais de faire « mieux » parce que diffĂ©remment. De passer de 1+1=2 Ă  1+1=3 et mĂȘme Ă  1+1=C.

Au fond, c’est un mĂ©tissage qui permet de dĂ©passer la limite propre aux deux membres du couple


Oui, cela me semble extrĂȘmement important en effet. On peut considĂ©rer qu’il se produit un mĂ©tissage des fragilitĂ©s de l’un et de l’autre. La difficultĂ© Ă  laquelle est exposĂ© en permanence le planner, c’est de trouver. C’est la fameuse formule de Philippe Michel : « Moi ce qui m’intĂ©resse c’est d’avoir des trouveurs, et non pas des chercheurs » …

Retrouvez la suite de l’interview sur MRNews en cliquant ici !

 

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